Sunday, November 29

Le paiement mobile en confinement, une opportunité grandissante

Dans un contexte de confinement, ces semaines seront témoins de l’impossibilité pour le consommateur de se déplacer en magasin. Le pouvoir décisionnaire a cependant laissé ouvert la porte à la possibilité de livrer, voire même de collecter en magasin les achats passés en ligne. Il est donc probable que le paiement mobile soit au cœur du comportement des mobinautes. Va-t-il se pérenniser ?

Depuis moins d’une vingtaine d’années, la technologie NFC (comprendre Near Field Communication, soit des ondes radios) a révolutionné notre façon de suivre des échanges commerciaux. Dans l’environnement du consommateur, cela a laissé apparaître la possibilité de payer via son mobile grâce à une puce directement implantée dans le smartphone. L’idée est séduisante : 62% des Français ont déjà utilisé un portefeuille digital ou un service de paiement mobile. La France se place d’ailleurs en 2ème position du classement européen des pays affichant une croissance de paiement sur mobile.

Quelle opportunité ce moyen de paiement constitue-t-il pour nos marques ? En rassemblant maintenant presque 9% des paiements parmi le total d’achats dans le monde, le paiement mobile est aujourd’hui un incontournable du commerce (qu’il soit en ligne ou en physique).

Article invité
Cet article a été rédigé par Captain Wallet, une solution qui permet de déployer des campagnes marketing sur Apple Wallet et Google Pay.

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Un marché français sur le tard

Malgré le succès du paiement sans contact, le paiement mobile n’a pas conquis les mobinautes français. Selon Statista, en 2019, le taux de pénétration du paiement mobile n’a atteint que les 2,2% contre 6,6% pour le Royaume-Uni et 7,3% pour l’Espagne. C’est en Asie que cette solution connait son plus fort succès, avec des chiffres dépassant les 15% : 15,9% pour l’Indonésie, 29,5% pour l’Inde et un impressionnant 35,2% pour la Chine.

La France n’a pas à rougir sur d’autres éléments de comparaison, avec un panier moyen annuel par utilisateur de 1 055,4€. Avec cette variable, elle se place ainsi à la 4ème place du top 10 dressé par Statista derrière les Etats-Unis (2 676,6€), le Royaume-Uni (2 203,6€) puis Israël (1 330,4€). Attention toutefois à prendre ces chiffres avec des pincettes, puisque le coût de la vie n’est évidemment pas le même entre les pays occidentaux et orientaux.

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Le succès différé de l’outil entre ces territoires est aussi explicable par l’utilisation précoce de l’application de messagerie WeChat (développée par le géant Tencent), permettant à ses utilisateurs de payer directement depuis l’application. Or dans son rapport dressant le bilan de l’année 2019, Tencent recense plus d’1 milliard d’utilisateurs actifs (1 165 millions pour être précis), soit une croissance de 6,1% par rapport à l’exercice 2018. L’outil AliPay, développé par le concurrent AliBaba et alimenté par les mêmes fonctionnalités, est très légèrement en-dessous puisqu’il compte en 2019 environ 1 milliard d’utilisateurs actifs par mois.

Le paiement sans contact a pourtant séduit les Français. L’augmentation fulgurante du nombre de paiements effectués en posant sa carte bancaire sur un terminal est passé de 2 milliards en 2018 à 3 milliards 500 millions en 2019 selon les chiffres de la Banque Centrale Européenne. Un sondage Ifop publié en décembre 2019 révèle que 73% des français ont fait usage du paiement sans contact au cours de la même année. La même étude montre que ce n’est pas une question de génération, mais que la problématique est véritablement liée à des catégories de population et des niveaux de revenus. Ainsi, les plus grands utilisateurs du sans contact sont les CSP+ (87% d’entre eux) ainsi que les étudiants, les cadres et les familles nombreuses.

En France, le confinement remet le paiement mobile dans la course au paiement sans contact !

Avec le cadre imposé du confinement, la tendance semble se tourner en faveur du paiement mobile.

L’Observatoire Afterbanking des nouveaux usages bancaires, mis en place par Orange dans le cadre de son service Orange Bank, a constaté que les montants unitaires des paiements par carte bancaire ont vu une augmentation de près de 30%. Le paiement sans contact, assimilé à un geste barrière contre la transmission du virus Covid-19, procure une sécurité qui a fait grimper de 60% le panier d’achat réglé par paiement mobile. En réaction à cela, Orange Bank a augmenté le plafond du paiement mobile, passant de 1000€ à 1500€.

Le portefeuille électronique (ou « mobile wallet » en anglais) devient ainsi une solution de plus en plus prisée par les consommateurs, dans un souci sanitaire et afin de ne pas être limité sur un plafond. De plus, la liste des banques ayant ouvert la possibilité à ses utilisateurs de dématérialiser leur carte bancaire s’étend de plus en plus, les retardataires les plus connus n’étant que 3 (BforBank, CIC et ING).

Car en effet l’avantage majeur du paiement mobile est qu’il n’est pas restreint, comme le sans contact, à un plafond délimité par les banques françaises. Par ailleurs, celles-ci ont décidé d’augmenter le plafond de paiement à 50€ dès le 11 mai, soit la date officielle (pour l’instant !) de fin du confinement total. Ce changement était déjà à l’étude depuis plusieurs mois, mais la situation a accéléré le processus de mise en place.

Dans le cadre de paiements à distance, le paiement mobile s’est révélé être une solution idéale. Ce, majoritairement en raison du danger dans lequel était les commerçants dits de bouche qui sont des structures de petite taille, non équipées de moyens de paiement à distance et donc grandement menacés au début du confinement. Paylib, une solution de paiement mobile, a alors mis à disposition gratuitement son service de paiement « Paylib entre amis » le temps du confinement. Son concurrent Lyfpay a fait de même et a aussi étendu cette possibilité aux professionnels de santé, à l’univers caritatif et aux distributeurs alimentaires, gros et petits ! Ainsi Auchan, Carrefour, Casino, Leader Price, Franprix et Bio c’Bon ont continué d’utiliser Lyfpay comme solution de paiement mobile. L’application a même constaté un pic d’activité depuis le confinement, a annoncé Frédéric Leclef (DG adjoint de Lyfpay).

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Franprix encourage le paiement mobile

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Le paiement mobile va-t-il s’imposer durablement comme une solution de paiement ?

C’est une certitude : le confinement pousse les Français à changer leurs habitudes de consommation. Pour autant, cela va-t-il se pérenniser ou est-ce une tendance éphémère ?

Plusieurs éléments tendent en cette faveur. Premièrement la situation sanitaire accentue le délaissement des paiements en liquide, qui souffraient déjà de l’apparition du sans contact. La France se situe en dessous des chiffres recensés par la Banque Centrale Européenne depuis quelques années, avec 68% des paiement effectués en cash contre 79% pour le reste des pays européens. Encore bien loin de la Suède, pionnière en la matière et dont 80% des paiements se font par carte bancaire (mobile, sans contact et via TPE confondus) !

Bien que l’interdiction du paiement en liquide soit illégale, il est tout de même recommandé de limiter au maximum les points de contact où le virus pourrait se transmettre. Or le paiement en cash est considéré comme vecteur important de transmission, d’où les dispositifs mis en place par les différentes solutions de paiement mobile. Certains établissements ont même interdit les paiements en espèces.

Hors confinement, le paiement mobile a tout de même gagné du terrain depuis quelques années, prouvant que la tendance d’utilisation est à la hausse. En 2018, le nombre de transactions faites via un smartphone était de 10 millions selon le Groupement Carte Bancaires. En 2019, dans une enquête publiée par Le Mondeon relève que :

  • Le nombre d’utilisateurs de Paylib a presque doublé en l’espace d’un an, entre l’été 2018 et septembre 2019.
  • On enregistre 100 000 nouvelles transactions par mois.
  • La Société Générale annonce que le nombre de transactions mobiles effectuées par ses clients double tous les 6 mois.
  • La BPCE recense 350 millions d’euros de transactions réalisées par paiement mobile en magasin entre août 2018 et août 2019, soit 2,5 fois plus qu’entre août 2017 et août 2018.

Un sondage réalisé par Galitt en mars 2019 indique que 92% des Français ont déjà entendu parler du paiement par téléphone mobile et que presque 20% des propriétaires de smartphones interrogés avouent avoir utilisé le paiement mobile au moins une fois.

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Source : eMarketer – Octobre 2019

En conclusion

Le paiement mobile a connu une entrée timide sur le marché français. Avant même les circonstances que l’on connaît, cette pratique a vu son taux d’utilisation augmenter exponentiellement sur les exercices 2018/2019. Les mesures sanitaires mises aujourd’hui en place vont dans cette direction en favorisant le paiement sans contact, et par extension le paiement par smartphone. Or celui-ci présente moins de contraintes (pas de plafond) et plus de sécurité (nécessité du code, de l’empreinte digitale ou facile).

Les scénarios ne sont donc que des suppositions, mais laissent à penser que cette solution de facilité s’étendra à plus d’utilisateurs pour plusieurs raisons. Notamment, l’omniprésence grandissante du smartphone à chaque instant de la vie quotidienne, le nombre des banques prises en charge par Apple Pay, G Pay et Samsung Pay, et le développement de l’obsolescence des paiements en liquide.

Enfin, la confiance allouée aux solutions tech de gestion financières (plus de 50% des sondés pour Google et Apple, selon une étude McKinsey publiée en 2019) est encourageante quant aux conjectures d’utilisation du wallet mobile pour le paiement.

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